|
OTTAWA — Cette semaine, le premier ministre
Harper et le ministre de la Défense nationale, Gordon O’Connor,
ont annoncé la politique du gouvernement à l’égard
des honneurs à rendre à nos soldats tombés au
champ d'honneur. « Ce fut certainement une décision
difficile, une décision qu’aucun gouvernement ne souhaite
avoir à prendre », a dit le député Pierre
Lemieux, lui-même un ancien combattant ayant été membre
des Forces canadiennes pendant 20 ans. « Les Forces ont
toujours eu pour politique de mettre les drapeaux en berne immédiatement à quatre
endroits. »
M. Lemieux a aussi fait remarquer que le jour du Souvenir, le drapeau
de la tour de la Paix est mis en berne en l’honneur de tous
les soldats canadiens et que cette tradition ne date pas d’hier,
ajoutant : « En 2002, les Libéraux se sont soudainement écartés
de cette tradition, mais ils l’ont fait de façon incohérente.
Ils n’ont pas établi de protocole officiel, préférant
simplement décider dans chaque cas s’il fallait mettre
les drapeaux en berne sur la tour de la Paix et les édifices
fédéraux. »
Les Libéraux ont maintenu cette politique jusqu’à l’automne
de 2005, lorsque les drapeaux n’ont pas été mis
en berne après la mort au combat du soldat Braun Woodfield.
Interrogé à ce sujet, M. Lemieux a déclaré : « Le
gouvernement des Conservateurs ne fait que rétablir la tradition »,
ajoutant avec conviction : « Ayant été militaire
pendant 20 ans, j’estime que la pratique consistant à mettre
les drapeaux en berne témoigne à nos militaires le respect
que nos soldats morts au combat méritent. »
La Légion royale canadienne et Cliff Chadderton, président
du Conseil national des associations d'anciens combattants du Canada,
organisme qui représente 55 groupes d’anciens combattants
de tout le Canada, appuient cette politique.
La question demeurera délicate tant que le Canada n’aura pas
terminé sa mission en Afghanistan, mais mercredi, le premier ministre
a rappelé à tous ce qui a vraiment de l’importance
lorsqu’il a dit : « Afin de trouver l’équilibre
entre les honneurs publics et le deuil personnel, nous voulons faire
en sorte de traiter tous les décès de la même façon
et de les signaler par les mêmes honneurs partout au pays. Je propose
donc qu’au lieu de se laisser obnubiler par des divergences sur des
questions de drapeaux et de cercueils, le Parlement devrait faire savoir
unanimement que nous regrettons tous sincèrement les pertes de vies
en Afghanistan et que nous admirons ceux qui acceptent de faire le sacrifice
de leur vie dans ce pays. »

|