Mr. Pierre Lemieux, député - Présentation le 23 novembre 2006, Les Québécoises et les Québécois forment une nation

Discours de Pierre Lemieux, député pour Glengarry-Prescott-Russell

“À la défense du mariage et des droits des enfants ”

06 December 2006


  • Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi de prendre la parole aujourd'hui au nom des gens de Glengarry-Prescott-Russell au sujet de cette question importante touchant le mariage.
     
  • Permettez-moi de souligner que, depuis que je suis devenu député, je n'ai jamais reçu autant de correspondance que sur cette question d'une extrême importance. Mes électeurs, dans leur grande majorité, me demandent de voter en faveur de la définition traditionnelle du mariage. 
     
  • Quand je parle de mariage traditionnel, je parle de l'union d'un homme et d'une femme à l'exclusion de toute autre union. Il est important de noter que le mariage est une institution qui remonte au début de l'humanité et qui a existé dans toutes les civilisations. Cette institution est antérieure à l'existence même de l'État, et les efforts déployés par la Chambre pour modifier la définition traditionnelle du mariage ne nuisent pas seulement à la société canadienne, mais à toutes les sociétés, surtout celles pour qui le Canada est un modèle à suivre.   Comme l'a fait remarquer une de mes collègues,

    • en modifiant la définition du mariage, le précédent gouvernement libéral a entrepris une expérience sociale radicale, dont les conséquences pour les enfants, pour la stabilité sociale, pour la liberté de religion et pour la société civile sont ignorées et inconnues.

     

  • En juin 1999, le Parlement a voté à une très forte majorité en faveur du caractère sacré du mariage, comme étant exclusivement l'union d'un homme et d'une femme. Puis, la ministre libérale de la Justice, Anne McLellan, a déclaré: 

    • Le mariage est déjà clairement défini en droit. Sa définition ne se trouve peut-être pas dans le droit positif, mais tout le droit ne se trouve pas dans le droit positif et la partie du droit qui n'y est pas n'en garde pas moins tout son caractère impératif car elle est prévue dans le droit jurisprudentiel plutôt que dans une loi écrite.
    • Le mariage est unique dans son essence, à savoir qu'il concerne deux personnes de sexe opposé. De par ce caractère essentiel, le mariage incarne la complémentarité des deux sexes humains et joue un rôle fondamental dans la société canadienne.
    • « Qu'on me permette d'affirmer une fois de plus à la Chambre que le gouvernement n'a aucunement l'intention de modifier la définition du mariage ou d'adopter une loi sur les mariages homosexuels ».
       
  • Voilà exactement ce qu'a déclaré la ministre libérale de la Justice durant le débat de 1999.

     

  • Les Canadiens constatent maintenant que l'ancien premier ministre libéral et l'ancienne ministre de la Justice libérale les ont trompés. En 2005, le ministre de la Justice libéral a déposé, à l'encontre de la volonté des Canadiens, un projet de loi qui venait modifier la définition traditionnelle du mariage. Le premier ministre précédent et lui l'ont fait passer à toute vapeur devant le comité, ont manifesté de l'animosité à l'égard des témoins du comité qui favorisaient le mariage traditionnel, ont limité le débat et puis ont obligé les ministres et les secrétaires parlementaires à voter en faveur de leur projet de loi, sans tenir compte de la conscience personnelle de ces députés ou de la volonté de leurs électeurs.

     

  • Un seul ministre est alors sorti du rang. Il a démissionné du Cabinet et voté pour défendre le mariage traditionnel. C'était le député de Thunder Bay—Superior-Nord. Je le salue pour son intégrité, son courage et pour l'exemple qu'il a donné à d'autres députés, qui est celui de toujours faire ce qu'il convient de faire, sans égard aux conséquences.

     

  • Je salue également tous les autres députés qui, ce jour-là, se sont tenus debout et ont voté pour défendre le mariage traditionnel. Je souhaite que, cette semaine, nous débattons la motion dont la Chambre est saisie et nous nous prononcerons à son sujet d'une même voix.

     

  • Selon mon expérience, les Canadiens de tous les horizons savent que le mariage est fondamentalement important et qu'il suppose effectivement l'union d'un homme et d'une femme à l'exclusion de toute autre union. Les résidants des autres pays du monde le savent également.

     

  • Je crois également que les gens savent que l'institution du mariage est là pour garantir, protéger et promouvoir l'union d'un homme et d'une femme, non seulement dans leur intérêt, mais également dans celui de tous les enfants nés de cette union.

     

  • Le mariage concerne non seulement les adultes, mais les familles et ces dernières concernent les enfants, qui ont besoin pour leur part d'un environnement stable dans lequel grandir et se développer. Une famille saine fondée sur la définition traditionnelle du mariage offre justement ce cadre.

     

  • Le mariage est le noyau de la famille qui elle-même est le principal moyen grâce auquel une société se renouvelle, se perpétue et grandit.

     

  • Je vais maintenant parler des répercussions du mariage sur les membres les plus importants et pourtant les plus vulnérables de notre société, nos enfants. Je crois qu'ils s'épanouissent dans des familles, et les familles sont fondées sur le mariage. Même si l'essence de ce débat porte sur les relations entre adultes, nous devons reconnaître que le débat sur le mariage a des répercussions directes sur le bien-être de nos enfants.

     

  • Comme le gouvernement a pour objectif de protéger ses citoyens, surtout les plus vulnérables, il est vraiment scandaleux que le gouvernement précédent ait abandonné à leur sort les membres les plus importants de notre société, nos enfants.

     

  • Soyons clairs, défendre la définition traditionnelle du mariage, c'est également défendre les droits des enfants et leurs intérêts. Ils ont le droit d'être élevés dans le meilleur cadre possible. Des études montrent que ce meilleur cadre possible est la famille, qui est formée d'une mère et d'un père engagés dans une relation continue et stable.

     

  • Lorsque le Parlement du Canada a voté pour modifier la définition du mariage, je crois qu'il l'a fait sans penser aux droits des enfants. On ne fait absolument pas mention des enfants dans le renvoi à la Cour suprême du gouvernement fédéral et il n'en est pas question non plus dans la réponse. On a complètement fait fi des droits des enfants et des répercussions d'une modification de la définition du mariage pour les enfants.

     

  • La Convention des Nations Unies relative aux droits de l'enfant, que le Canada a ratifiée en 1991, dit que tous les enfants ont le droit de connaître leur mère et leur père naturels et d'être élevés par ces derniers dans la mesure du possible. L'article 3 de la même Convention se lit comme suit:

     

  • Dans toutes les décisions qui concernent les enfants, qu'elles soient le fait [...] des tribunaux [...] ou des organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant doit être une considération primordiale.
     

  • De plus, la Déclaration universelle des droits de l'homme dit précisément que les droits des enfants doivent passer avant ceux des adultes, car les enfants sont plus vulnérables et exigent l'appui de l'État.

     

  • En ne reconnaissant pas le caractère particulier du mariage, soit une union fondée sur un engagement mutuel entre un homme et une femme qui est la seule relation permettant de donner la vie à un enfant, tout en protégeant son droit de connaître son père et sa mère, le Canada fait passer les droits des adultes avant les droits des enfants, ce qui est inacceptable.

     

  • Les enfants ont été oubliés dans ce débat. Nous nous sommes concentrés sur le présumé droit des adultes de vivre comme bon leur semble, mais nous avons oublié les enfants.

     

  • Les enfants de conjoints de même sexe sont privés du droit d’être élevés à la fois par un père et une mère. Ils n’ont pas de modèles d’identification à domicile pour leur enseigner, leur montrer, comment être des épouses et des mères, des maris et des pères; ils n’ont pas la possibilité de voir de quelle façon un homme et une femme vivent leur mariage.

     

  • Je crois qu'en défendant le mariage traditionnel, nous faisons notre devoir. Nous faisons ce qu'il convient de faire et ce qu'il y a de mieux pour nos enfants. Par conséquent, le mariage entre un homme et une femme doit être prioritaire pour élever des enfants, et il faut le maintenir afin de protéger les droits des enfants.

     

  • Il est intéressant de noter que le Parlement de France a récemment étudié en profondeur la question du mariage entre conjoints de même sexe, et qu'il a publié un rapport à cet égard en janvier 2006.

     

  • Une commission française a étudié l'incidence du mariage entre conjoints de même sexe sur les enfants et elle est arrivée à la conclusion que l'intérêt supérieur de l'enfant doit l'emporter sur la liberté des adultes, y compris le choix de vie des parents.
     

  • Afin de protéger les droits des enfants, le Parlement de France s'est prononcé en faveur de la définition traditionnelle du mariage.

     

  • Comme je l'ai mentionné, je considère que c'est un honneur de pouvoir défendre la définition traditionnelle du mariage devant la Chambre. En outre, je suis un catholique romain. Dans sa sagesse, l'Église nous enseigne ce qui suit:

     

  • La communauté profonde de vie et d’amour que forme le couple a été fondée et dotée de ses lois propres par le Créateur. Dieu lui-même est l’auteur du mariage.

     

  • L'Église nous enseigne aussi que le mariage est une alliance par laquelle le mari et la femme expriment leur amour mutuel et se joignent à Dieu pour créer un nouvel être humain destiné à la vie éternelle.

     

  • L'un des grands bienfaits du mariage entre un homme et une femme est la procréation, c'est-à-dire l'acte qui permet d'enrichir le monde d'une nouvelle vie. On ne saurait mieux entourer et élever les enfants issus de cet acte que dans le mariage. Nos enfants sont notre avenir et doivent être protégés. La question du mariage doit être revue.

     

  • Je rappelle aussi à mes collègues députés que notre carrière de député est en fait bien courte, même lorsque nous la considérons comme longue. Et lorsque nous cesserons d'être députés, nos semblables nous oublieront malheureusement, mais pas Dieu, qui connaît intimement chacun d'entre nous.

     

  • Si Dieu lui-même est vraiment l'auteur du mariage, soyons prêts à rendre compte de nos actes devant lui, car nous finirons tous par nous trouver devant lui un jour.

     

  • Je vais voter pour la définition traditionnelle du mariage, pour nous, pour mes enfants et pour les autres enfants de notre pays. Je demande à tous les députés de se joindre à moi et, au moment du vote, de défendre et de promouvoir la définition traditionnelle du mariage.

     

  • Je conclus mon discours par ceci:

    • « Dieu tout puissant, protecteur des familles, guide-nous dans nos efforts pour défendre le saint sacrement du mariage en tant qu'union d'un homme et d'une femme. Je vous le demande au nom de notre seigneur Jésus-Christ. Amen ».
fermer