- Monsieur le Président, c'est un honneur pour moi de prendre la
parole aujourd'hui au nom des gens de Glengarry-Prescott-Russell au
sujet de cette question importante touchant le mariage.
- Permettez-moi de souligner que, depuis que je
suis devenu député, je n'ai jamais reçu autant de correspondance que
sur cette question d'une extrême importance. Mes électeurs, dans
leur grande majorité, me demandent de voter en faveur de la
définition traditionnelle du mariage.
-
Quand je
parle de mariage traditionnel, je parle de l'union
d'un homme et d'une femme à l'exclusion de toute
autre union. Il est important de noter que le
mariage est une institution qui remonte au début de
l'humanité et qui a existé dans toutes les
civilisations. Cette institution est antérieure à
l'existence même de l'État, et les efforts déployés
par la Chambre pour modifier la définition
traditionnelle du mariage ne nuisent pas seulement à
la société canadienne, mais à toutes les sociétés,
surtout celles pour qui le Canada est un modèle à
suivre. Comme l'a fait remarquer une de
mes collègues,
- en modifiant la définition du
mariage, le précédent gouvernement libéral a
entrepris une expérience sociale radicale, dont les
conséquences pour les enfants, pour la stabilité
sociale, pour la liberté de religion et pour la
société civile sont ignorées et inconnues.
-
En juin
1999, le Parlement a voté à une très forte majorité
en faveur du caractère sacré du mariage, comme étant
exclusivement l'union d'un homme et d'une femme.
Puis, la ministre libérale de la Justice, Anne
McLellan, a déclaré:
- Le mariage
est déjà clairement défini en droit. Sa définition
ne se trouve peut-être pas dans le droit positif,
mais tout le droit ne se trouve pas dans le droit
positif et la partie du droit qui n'y est pas n'en
garde pas moins tout son caractère impératif car
elle est prévue dans le droit jurisprudentiel plutôt
que dans une loi écrite.
- Le mariage
est unique dans son essence, à savoir qu'il concerne
deux personnes de sexe opposé. De par ce caractère
essentiel, le mariage incarne la complémentarité des
deux sexes humains et joue un rôle fondamental dans
la société canadienne.
- « Qu'on me
permette d'affirmer une fois de plus à la Chambre
que le gouvernement n'a aucunement l'intention de
modifier la définition du mariage ou d'adopter une
loi sur les mariages homosexuels ».
Voilà exactement
ce qu'a déclaré la ministre libérale de la Justice
durant le débat de 1999.
-
Les
Canadiens constatent maintenant que l'ancien premier
ministre libéral et l'ancienne ministre de la
Justice libérale les ont trompés. En 2005, le
ministre de la Justice libéral a déposé, à
l'encontre de la volonté des Canadiens, un projet de
loi qui venait modifier la définition traditionnelle
du mariage. Le premier ministre précédent et lui
l'ont fait passer à toute vapeur devant le comité,
ont manifesté de l'animosité à l'égard des témoins
du comité qui favorisaient le mariage traditionnel,
ont limité le débat et puis ont obligé les ministres
et les secrétaires parlementaires à voter en faveur
de leur projet de loi, sans tenir compte de la
conscience personnelle de ces députés ou de la
volonté de leurs électeurs.
-
Un seul
ministre est alors sorti du rang. Il a démissionné
du Cabinet et voté pour défendre le mariage
traditionnel. C'était le député de Thunder
Bay—Superior-Nord. Je le salue pour son intégrité,
son courage et pour l'exemple qu'il a donné à
d'autres députés, qui est celui de toujours faire ce
qu'il convient de faire, sans égard aux
conséquences.
-
Je salue
également tous les autres députés qui, ce jour-là,
se sont tenus debout et ont voté pour défendre le
mariage traditionnel. Je souhaite que, cette
semaine, nous débattons la motion dont la Chambre
est saisie et nous nous prononcerons à son sujet
d'une même voix.
-
Selon mon
expérience, les Canadiens de tous les horizons
savent que le mariage est fondamentalement important
et qu'il suppose effectivement l'union d'un homme et
d'une femme à l'exclusion de toute autre union. Les
résidants des autres pays du monde le savent
également.
-
Je crois
également que les gens savent que l'institution du
mariage est là pour garantir, protéger et promouvoir
l'union d'un homme et d'une femme, non seulement
dans leur intérêt, mais également dans celui de tous
les enfants nés de cette union.
-
Le mariage
concerne non seulement les adultes, mais les
familles et ces dernières concernent les enfants,
qui ont besoin pour leur part d'un environnement
stable dans lequel grandir et se développer. Une
famille saine fondée sur la définition
traditionnelle du mariage offre justement ce cadre.
-
Le mariage
est le noyau de la famille qui elle-même est le
principal moyen grâce auquel une société se
renouvelle, se perpétue et grandit.
-
Je vais
maintenant parler des répercussions du mariage sur
les membres les plus importants et pourtant les plus
vulnérables de notre société, nos enfants. Je crois
qu'ils s'épanouissent dans des familles, et les
familles sont fondées sur le mariage. Même si
l'essence de ce débat porte sur les relations entre
adultes, nous devons reconnaître que le débat sur le
mariage a des répercussions directes sur le
bien-être de nos enfants.
-
Comme le
gouvernement a pour objectif de protéger ses
citoyens, surtout les plus vulnérables, il est
vraiment scandaleux que le gouvernement précédent
ait abandonné à leur sort les membres les plus
importants de notre société, nos enfants.
-
Soyons
clairs, défendre la définition traditionnelle du
mariage, c'est également défendre les droits des
enfants et leurs intérêts. Ils ont le droit d'être
élevés dans le meilleur cadre possible. Des études
montrent que ce meilleur cadre possible est la
famille, qui est formée d'une mère et d'un père
engagés dans une relation continue et stable.
-
Lorsque le
Parlement du Canada a voté pour modifier la
définition du mariage, je crois qu'il l'a fait sans
penser aux droits des enfants. On ne fait absolument
pas mention des enfants dans le renvoi à la Cour
suprême du gouvernement fédéral et il n'en est pas
question non plus dans la réponse. On a complètement
fait fi des droits des enfants et des répercussions
d'une modification de la définition du mariage pour
les enfants.
-
La
Convention des Nations Unies relative aux droits de
l'enfant, que le Canada a ratifiée en 1991, dit que
tous les enfants ont le droit de connaître leur mère
et leur père naturels et d'être élevés par ces
derniers dans la mesure du possible. L'article 3 de
la même Convention se lit comme suit:
-
Dans toutes
les décisions qui concernent les enfants, qu'elles
soient le fait [...] des tribunaux [...] ou des
organes législatifs, l'intérêt supérieur de l'enfant
doit être une considération primordiale.
-
De plus, la
Déclaration universelle des droits de l'homme dit
précisément que les droits des enfants doivent
passer avant ceux des adultes, car les enfants sont
plus vulnérables et exigent l'appui de l'État.
-
En ne
reconnaissant pas le caractère particulier du
mariage, soit une union fondée sur un engagement
mutuel entre un homme et une femme qui est la seule
relation permettant de donner la vie à un enfant,
tout en protégeant son droit de connaître son père
et sa mère, le Canada fait passer les droits des
adultes avant les droits des enfants, ce qui est
inacceptable.
-
Les enfants
ont été oubliés dans ce débat. Nous nous sommes
concentrés sur le présumé droit des adultes de vivre
comme bon leur semble, mais nous avons oublié les
enfants.
-
Les enfants
de conjoints de même sexe sont privés du droit
d’être élevés à la fois par un père et une mère. Ils
n’ont pas de modèles d’identification à domicile
pour leur enseigner, leur montrer, comment être des
épouses et des mères, des maris et des pères; ils
n’ont pas la possibilité de voir de quelle façon un
homme et une femme vivent leur mariage.
-
Je crois
qu'en défendant le mariage traditionnel, nous
faisons notre devoir. Nous faisons ce qu'il convient
de faire et ce qu'il y a de mieux pour nos enfants.
Par conséquent, le mariage entre un homme et une
femme doit être prioritaire pour élever des enfants,
et il faut le maintenir afin de protéger les droits
des enfants.
-
Il est
intéressant de noter que le Parlement de France a
récemment étudié en profondeur la question du
mariage entre conjoints de même sexe, et qu'il a
publié un rapport à cet égard en janvier 2006.
-
Une
commission française a étudié l'incidence du mariage
entre conjoints de même sexe sur les enfants et elle
est arrivée à la conclusion que l'intérêt supérieur
de l'enfant doit l'emporter sur la liberté des
adultes, y compris le choix de vie des parents.
-
Afin de
protéger les droits des enfants, le Parlement de
France s'est prononcé en faveur de la définition
traditionnelle du mariage.
-
Comme je
l'ai mentionné, je considère que c'est un honneur de
pouvoir défendre la définition traditionnelle du
mariage devant la Chambre. En outre, je suis un
catholique romain. Dans sa sagesse, l'Église nous
enseigne ce qui suit:
-
La
communauté profonde de vie et d’amour que forme le
couple a été fondée et dotée de ses lois propres par
le Créateur. Dieu lui-même est l’auteur du mariage.
-
L'Église
nous enseigne aussi que le mariage est une alliance
par laquelle le mari et la femme expriment leur
amour mutuel et se joignent à Dieu pour créer un
nouvel être humain destiné à la vie éternelle.
-
L'un des
grands bienfaits du mariage entre un homme et une
femme est la procréation, c'est-à-dire l'acte qui
permet d'enrichir le monde d'une nouvelle vie. On ne
saurait mieux entourer et élever les enfants issus
de cet acte que dans le mariage. Nos enfants sont
notre avenir et doivent être protégés. La question
du mariage doit être revue.
-
Je rappelle
aussi à mes collègues députés que notre carrière de
député est en fait bien courte, même lorsque nous la
considérons comme longue. Et lorsque nous cesserons
d'être députés, nos semblables nous oublieront
malheureusement, mais pas Dieu, qui connaît
intimement chacun d'entre nous.
-
Si Dieu
lui-même est vraiment l'auteur du mariage, soyons
prêts à rendre compte de nos actes devant lui, car
nous finirons tous par nous trouver devant lui un
jour.
-
Je vais
voter pour la définition traditionnelle du mariage,
pour nous, pour mes enfants et pour les autres
enfants de notre pays. Je demande à tous les députés
de se joindre à moi et, au moment du vote, de
défendre et de promouvoir la définition
traditionnelle du mariage.
-
Je conclus
mon discours par ceci: - « Dieu tout puissant,
protecteur des familles, guide-nous dans nos efforts
pour défendre le saint sacrement du mariage en tant
qu'union d'un homme et d'une femme. Je vous le
demande au nom de notre seigneur Jésus-Christ.
Amen ».