Mr. Pierre Lemieux, député - Débats de la Chambre des communes:  le 2 octobre 2006, C-19, Loi modifiant le Code criminel (courses de rue)

CANADA

Débats de la Chambre des communes


COMPTE RENDU OFFICIEL (HANSARD) –NUMÉRO 057

 Le lundi 2 octobre 2006


M. Pierre Lemieux (Glengarry-Prescott-Russell, PCC):

Monsieur le Président, je suis heureux de saisir l'occasion qui m'est offerte de parler aujourd'hui en faveur du projet de loi C-19, Loi modifiant le Code criminel (courses de rue) et la Loi sur le système correctionnel et la mise en liberté sous condition en conséquence.

La criminalisation des courses de rue complète de façon manifeste et appropriée les dispositions actuelles du Code criminel visant la conduite dangereuse, ainsi que les efforts législatifs de certaines provinces en vue de renforcer leurs lois respectives sur la circulation routière. Ces modifications proposées à nos lois ciblent des comportements criminels graves.

Le gouvernement du Canada s'est engagé clairement auprès de la population canadienne à s'attaquer au crime, comme en témoignent largement — depuis quelques mois — nombre d'annonces de financement de programmes municipaux et provinciaux. Ces programmes de prévention du crime s'adressent aux jeunes à risque, par l'entremise du Centre national de prévention du crime. Ces programmes locaux de prévention complètent notre engagement financier en vue d'aider à renforcer les moyens de la Gendarmerie royale du Canada en matière de formation et de recrutement.

Outre cet effort si important et tangible de prévention du crime au niveau local, il faut souligner l'engagement du présent gouvernement à donner davantage de mordant à nos lois de droit pénal. En effet, ce gouvernement s'est engagé à sévir contre la criminalité, et c'est exactement ce qu'il fait.

Nous avons proposé des réformes dans plusieurs domaines: le renforcement des lois sur la Banque nationale de données génétiques; une plus grande difficulté à obtenir un cautionnement dans des cas de crime mettant en jeu des armes à feu; le relèvement des peines minimales pour ce genre de crimes; et la restriction de la disponibilité des peines d'emprisonnement avec sursis pour des infractions graves et violentes.

Cette approche globale découle d'appels lancés à tous les ordres de gouvernement pour qu'ils réévaluent leurs méthodes et mesures actuelles pour lutter contre la criminalité. La réaction du gouvernement montre clairement que nous comprenons l'importance d'assurer la sécurité de nos rues et de nos collectivités dans l'intérêt de tous les Canadiens.

Le projet de loi C-19 fait partie du programme global du gouvernement de lutte contre la criminalité. C'est une mesure législative importante qui est la bienvenue et qui contribuera à offrir à nos citoyens la sécurité et la qualité de vie qu'ils méritent et que le gouvernement doit leur assurer, comme ils s'y attendent à juste titre.

Ceux qui abusent de leur privilège de conduire un véhicule à moteur en participant à des courses de rue montrent qu'ils méprisent nos lois et, surtout, leurs concitoyens. Les véhicules à moteur peuvent être dangereux même dans les meilleures conditions. Lorsqu'ils sont conduits de façon tout à fait négligente, avec un mépris total pour la sécurité des autres, ils peuvent également devenir meurtriers.

Un permis de conduire s'accompagne d'une grande responsabilité. Je suis convaincu que nous devrions tenir pleinement responsables de leur comportement au volant les conducteurs qui, pour quelques brefs frissons, n'ont aucun égard pour cette responsabilité.

Les rues de nos villes et les routes de nos provinces sont une ressource publique commune destinée à l'usage et au plaisir de tous les citoyens. La pratique croissante des courses de rue transforme les chaussées en pistes de course, mais sans les éléments explicites importants que l'on trouve partout dans les installations des courses légales. En conséquence, un trop grand nombre de personnes innocentes meurent ou sont gravement blessées.

Bien qu'il n'existe pas encore de statistiques globales sur la prévalence des incidents mettant en jeu des courses de rue au Canada ni sur le nombre de décès ou de blessures qui en découlent, les éléments de preuve ne manquent pas pour confirmer la gravité de la situation. De tels incidents entraînant la mort ou des blessures graves se produisent dans tout le pays, et seulement durant les trois derniers mois, nous avons lu par exemple que:

En juin, près de Campbell River, en Colombie-Britannique, deux jeunes filles de 18 ans ont, semble-t-il, participé à une course de rue qui a causé la mort d'une des deux conductrices et des lésions corporelles graves à deux de ses passagers.

Toujours en juin, à Merritt, en Colombie-Britannique, deux jeunes hommes de 24 ans sont morts et deux automobilistes innocents ont été gravement blessés à la suite d'un accident qu'on soupçonne d'avoir été causé par une course de rue.

En juillet, à Winnipeg, au Manitoba, deux conducteurs ont été accusés d'avoir participé à une course de rue et se sont fait saisir leur véhicule parce qu'ils ont été pris à conduire à des vitesses dépassant les 165 kilomètres à l'heure.

Il y a quelques semaines à peine, à Mississauga, en Ontario, un étudiant participant à un programme d'échanges a été tué alors que le véhicule qu'il conduisait a frappé un poteau électrique après avoir été heurté par l'arrière, vraisemblablement à la suite d'une course de rue.

Ce ne sont que quelques exemples récents. Parmi les victimes innocentes qui sont mortes à la suite d'une course de rue au cours des dernières années, notons un couple qui se promenait sur le trottoir après avoir célébré son anniversaire de mariage, un agent de la GRC en patrouille, une mère de 29 ans roulant dans son automobile et un immigrant chauffeur de taxi qui était à quelques jours à peine de sa cérémonie de citoyenneté.

Ces incidents, la tendance dangereuse qui les explique et la perspective épouvantable de leur répétition m'attristent et me scandalisent. Ces graves blessures et ces décès tragiques et insensés auraient pu être évités et ils devraient nous pousser à réagir avec plus de vigueur. Nous ne pouvons simplement permettre qu'un tel carnage se poursuive.

Ces crimes continuent de se produire, et le présent gouvernement est déterminé à rehausser la capacité des responsables de l'application de la loi d'y répondre de manière efficace. Les provinces ont prévu des peines dans leur champ de compétence, y compris des amendes, des suspensions de permis de conduire et des mises en fourrière des véhicules qui punissent le portefeuille des délinquants. Toutefois, lorsque l'argent n'est pas primordial, de telles mesures ne font pas grand-chose pour dissuader les coureurs de rue d'adopter ce genre de comportement irresponsable et souvent mortel.

J'estime qu'il est important d'envoyer un message fort quant à la gravité de cette infraction, en criminalisant un tel comportement et en prévoyant des conséquences graves pour cette violation de la loi. Les conséquences prévues dans ce projet de loi établissent un régime de détermination de la peine appropriée et juste en fonction de la gravité de ces crimes, notamment une peine maximale de 14 ans d'emprisonnement dans le cas de lésions corporelles, et une peine maximale d'emprisonnement à perpétuité dans le cas de décès.

Ce régime de détermination de la peine est augmenté de façon indiquée par des interdictions obligatoires croissantes de conduite d'un véhicule automobile, commençant par une interdiction minimale de conduire pendant un an pour une première infraction, allant jusqu'à une interdiction à vie après trois condamnations pour courses de rue n'entraînant pas la mort ou des lésions corporelles.

J'estime que ces mesures sont indiquées devant la fréquence et la gravité des tragédies qui peuvent être évitées et qui découlent trop souvent des courses de rue. Le renforcement et la protection de la sécurité publique sont parmi les responsabilités premières du gouvernement. Le projet de loi C-19 porte sur le renforcement de la sécurité du public. Il prévoit un message clair et fort pour ceux et celles qui veulent se livrer à des courses de rue en établissant des peines appropriées et proportionnées qui seraient infligées à ceux et à celles qui se serviraient de nos rues et de nos routes comme de leurs propres pistes de course, sans le moindre égard pour leur propre sécurité ni pour celle des autres.

Ces modifications proposées au Code criminel, ainsi que d'autres éléments d'initiatives du gouvernement en vue de s'attaquer au crime, permettront de rehausser la sécurité de nos rues, en donnant à nos citoyens davantage de confort dans l'exercice de leur plein droit de profiter de nos espaces publics, sans crainte de subir des lésions corporelles ou de mourir à cause d'un comportement dénué de tout bon sens.

En conclusion, le fait est que les courses de rue tuent. Le projet de loi C-19 est important et il rendra nos rues plus sûres. J'exhorte donc les honorables députés à se joindre à moi pour appuyer le projet de loi C-19 et assurer son adoption rapide.
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